[ 11 ]

[ 11 ]
Il y a quelquechose d'incroyablement beau dans la douleur, dans le fait de souffrir. Non dans la souffrance physique mais morale. La moment où la personne craque, le moment où toutes les larmes giclent et s' acheminent aux yeux comme un torrent d' émotions, est d'une rareté déconcertante. Parfois les larmes sont incompréhensibles, mancées et créées par des sentiments si profonds que le but originel en est affecté et que la cause de ces larmes devient mystique. Il y a des douleurs qui restent enfouies sous des tonnes d'éléments qui permettent le refoulement: la patience, l'espoir, les amis, les autres, l'Autre, la routine, et la famille surtout. On refuse la routine et pourtant en temps malheureux c'est la seule qui nous permet de ous diriger, de garder le cap. Comme des repères disséminés au quotidien de notre mal-être. J'ai du mal à trouver les mots pour m'expliquer, à m'explorer et à me rendre compte de ma vraie douleur, de mes vraies souffrances. Est-ce un quotidien si aléatoire et vide qui me trouble autant, ou est-ce la vision d'un avenir et le fait de ne pas être capable de le maîtriser, de tout gérer qui me pulvérise ? Non que je ne veuille pas tout gérer, mais plutôt que ma condition humaine m'empêche et m' ôte tout espoir de contrôler les éléments face à moi.

# Posté le vendredi 30 novembre 2007 14:37

Modifié le vendredi 30 novembre 2007 18:50

[10]

Je la vois et je m'imagine d'ici quelques années. Je crois que si j'avais une fille, j'aimerais qu'elle lui ressemble. Malicieuse avec ses grands yeux bleus, son regard pétillant, ses petites mains, et tout, et tout. J'la trouve magnifique cette petite. Autant avant dès qu'un bébé pleurait dans mes bras c'était illico, j'le renvoyais à son géniteur. Mais elle, non, elle c'était différent, dès le début. Dès que j'ai appris qu'elle allait venir. Et encore bien plus quand on m'a demandé " Dis Adrienne, on aimerait que tu sois la marraine de notre fille ", et encore, encore plus lorsque j'ai demandé son nom et qu'on m'a répondu " Elle s'appellera Pauline, et son deuxième prénom sera Adrienne ". Là c'était magique, un tout petit être allait être sous ma coupole toute sa vie. C'est pas comme avoir un petit chien non, au contraire, c'est un million de fois plus fort, c'est à dire être là à chaque anniversaire, la voir marcher, évoluer, changer, grandir, aprler, apprendre, être là pour la consoler, être là pour ses noël. C'est être là. C'est être la "seconde mère". Et quand je la vois courir vers moi avec ses petits cheveux blonds qui sautillent dans tous les sens, et l'entendre crier mon statut: " Ma-aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaine " loul. Et crier de rire, et glousser de joie. C'est incroyable la joie que l'on peut ressentir à voir un petit être compter autant pour nous. Les premiers mois de sa vie ( cela veut dire que je le connais, et l'aime depuis et même bien avant sa naissance ) parfois on la gardait et elle dormait dans ma chambre, son lit juste à côté, ou plutôt pas loin du mien, et je l'entendais respirer doucement, et parfois sa respiration s'atténuait et là je me réveillais, sans cesse aux aguêts de sa respiration. Inconsciamment. Et le deux décembre ça y est elle a eu deux ans. Je l'ai vue grandir durant ces deux années, je l'ai vue s'épanouir, devenir malicieuse, apprendre des mots, commencer à marcher. Etc. C'est incroyable comme sensation d'être maraine. Vraiment. =]. Cette photographie a été prise il y a quelques temps, elle s'amusait avec mon collier, elle souriait, elle soufflait ses bougies, elle délirait complêtement, elle mangeait des morceaux de son gâteau et elle ouvrait ses cadeaux. Elle a eu deux ans. Ma filleule a eu deux ans. Elle est magnifique. Et elle crie mon statut " Ma-aine" avec sa grosse voix de deux ans et quelques, ses grands yeux malins, ses sourires taquins. Ma filleule.

# Posté le dimanche 25 novembre 2007 11:18

Modifié le vendredi 30 novembre 2007 17:54

En vrac.

En vrac.
J'ai toujours en tête des tonnes de souvenirs, des moments importants que je me remémorre souvent, des musiques, des sensations, des gens, des images, des couleurs, des impressions. J'aime à me rappeller des moments intenses. Totalement divers et parfois de manière complêtement désordonnée.

¤ Il y a ces moments qu'on ne peut oublier. l'émotion étant trop forte, trop intense, et le mment si marquant émotionnellement.

¤ Il y a ces moments qu'on ne veut surtout pas oublier, dont on voudrait pouvoir tout garder en mémoire, les sensations olfactives, visuelles, les textures, la douceur, les mots dits, tous ces détails qui font d'un moment banal un instant magique.

¤ Il y a ces moments qu'on préfèrerait oublier, par honte ou par volonté d'oubli. Ou encore par douleur.

Pour les gens c'est le même schéma, il y a également ceux qu'on voudrait éviter, ceux qu'on voudrait quitter, ceux qu'on a perdus, ceux qui se sont envolés d'eux-mêmes, ceux qui ont disparu, ceux qu'on a pas compris. Et il y a ceux qui sont là, toujours et encore, avec la force du temps. La complicité, la patience, les délires, les regards, l'habitude aussi. Il ya aussi les nouveaux, ces gens avec qui on a plein d'espoir, en tous genres, amicaux, amoureux, idéaux.

Je suis quelqu'un d'idéaliste, de passionné. De rêveur et souvent cela me joue des tours. Impulsive et idéaliste. tel est mon problème, si problème il y a...

# Posté le dimanche 25 novembre 2007 11:15

Modifié le vendredi 30 novembre 2007 18:12

[8]

Crois en toi qu'ils lui disent.
La fille sur le quai voit les gens qui passent, descendre de leurs trains, et elle tombe sur le rail. Le train lui roule dessus, mais elle est tellement insignifiante qu'il ne la tue pas, ne l'écrase même pas, elle passe au travers. Voilà, elleel traverse, comme elle traverse la vie, les rues. Elle voit les gens qui sont à l'intérieur et elle entre dans leur corps, elle ressent leurs sentiments, leurs sensations, leurs peurs, leurs joies, leurs espoirs et leurs bonheurs. Et paf, aussitôt elle ressort d' eux. Cela ne dure qu' une fraction de seconde à peine. Mais elle a déjà pu sentir. Tout retenir, et garder ce goût amer sur les lèvres, au coin du coeur, et la larme à l'oeil. Elle est vidée, ou remplie, mais remplie des autres. Elle se perd. Et là le train repart. Elle reste seule sur le rail. Toute seule. Les gens sur les quais la regardent et l'observent parfois d un oeil, savancent et reculent d'elle. Vite, vite, et pour certains moin vite. Certains lui sautent dessus en croyant voir quelquechose d'extraordinaire et re-paf: ils s'éloignent tout aussi vite qu'ils étaient venus par curiosité. Et d'autres s' accrochent, pour eux-même, pour se hisser plus vite. C'est tout. Mais au fond, elle reste sur son rail. Au fond, bien au fond, bien tassée sur la voie ferrée.

# Posté le mercredi 21 novembre 2007 17:33

Modifié le vendredi 30 novembre 2007 14:42

° Boîte à gloire. °

L'air m'interpelle. Les mots résonnent dans ma tête comme j'aimerais qu'ils résonnent de ma bouche, de ma voix. Envie de chanter avec cette voix sensuelle et mélancolique. Avant l'été passé je n'avais pu ressenti cela depuis bien longtemps, au moins huit années durant lesquelles je n'avais plus chanté. Avant les mots et les sons sortaient de moi comme mes mots aujourd'hui. Je chantais, toujours, tous les jours, pour toutes les causes, pour les chorales dans lesquelles j'étais solliste, pour des cérémonies de mariage, pour moi, pour ma famillle, mais surtout pour mon plaisir. Je me rappelle de vieilles images de soit -disant répétitions avec des copains au collège. Ah l'enfance.
Monde merveilleux.
Je me rappelle de nombreux moments que j'ai pu passer dans ma moselle natale, mes aventures dans les bennes à cendres ou encore dans la cave à charbon, les hivers enneigés, les lumières du sapin, les feuilles des arbres qui tombaient en automne, ma grand-mère qui me parlait toujours en allemand et qui sermonait à ma mère de "me laisser tranquille"... Les nombreuses batailles entre copains, les alliances de copines, les tirages de cheveux, le fait de faire du cheval sur mon chien, jouer dans les feuilles, faire des cabanes dans les arbres avec mon père, taper mes voisins, jouer avec ma famille. J'étais si petite. J'en entends encore des belles sur moi. On peut appeller cela une enfance heureuse si on ne voit que ça non ? Rien qu' avec ces images oui... Mais si on rajoute le décès rapide d'une grand-mère qui comptait plus que tout ? Les brimades de mes camarades qui ma haïssaient aprce que j'avais un frère soit-disant handicapé, les maladies (cancers, séjours à l'hôpital, ...). Mais à quoi bon en fait de repenser à cela ? malgré tout ce qui a pu se passer je me rappelle des mielleurs moments. Les joies, les sourires de ceux que j'aime et que j'ai aimés. Ca fait kitch de mettre ça non ? Après tout je m'en fiche. C'est mon droit de parole.


° Boîte à gloire. °

# Posté le mercredi 21 novembre 2007 16:58

Modifié le vendredi 30 novembre 2007 14:43